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Communication autour du Programme


 
La mise en oeuvre de la stratégie du programme, s'articule autour de quatre axes principaux d'intervention,

L'école;
La famille;
Le renforcement des capacités des intervenants;
Le plaidoyer/lobbying auprès des autorités concernées. 

L'école

L'école est l'axe principal autour duquel s'articule la lutte contre l'abandon scolaire, donc contre  le travail des enfants. C'est dans l'école que se trouvent les problèmes essentiels qui conduisent à l'abandon et à l'échec scolaires. Et c'est au sein de l'école qu'il faut les affronter. En présentant le problème de cette manière c'est d'emblée sur la question de la qualité de l'école que l'accent est mis.

L'action sur l'école se déploie dans trois directions : les élèves, les enseignants et l'environnement scolaire.
Ainsi en en ce qui concerne les élèves, l'intervention du programme consiste à :

Identifier les enfants en situation de risque effectif ou potentiel de quitter l'école, analyser leur situation, définir à partir de cette analyse les solutions adéquates aux niveaux individuel et collectif. Ce point est très important car sans une analyse précise et rigoureuse du problème de ces causes et de ses manifestations point de possibilités d'identifier les cibles de notre action ni de concevoir les solutions adéquates pour eux.

Faire un suivi régulier et méticuleux de la mise en œuvre des solutions et en particulier mettre en place une écoute permanente au service des élèves concernés. Ce suivi permettra d'affiner le diagnostic et surtout de corriger et d'adapter les solutions aux différentes situation concrètes qui se présentent.

Sensibiliser les élèves à l'importance de l'éducation scolaire pour leur développement et pour la construction de leur avenir et les informer sur les risques et les dangers que représente le travail à un âge précoce. L'adhésion des élèves est capitale pour la réussite du programme, c'est pourquoi l'action d'information et de sensibilisation est appelée à jouer un rôle important dans leur motivation à prendre une part active dans l'exécution du programme.

Améliorer la santé scolaire en dépistant les problèmes de santé qui peuvent conduire à l'abandon ou à l'échec scolaire  et en y remédiant (des lunettes pour les malvoyants, des soins ou des prothèses pour les malentendants par exemple).

En ce qui concerne les enseignants, il s'agit de :

Leur donner les moyens d'affronter efficacement la difficulté scolaire à travers une formation pédagogique qui leur permette de diagnostiquer les difficultés et d'y remédier efficacement

Lutter contre toutes les formes de violence à l'égard des élèves (verbale, physique…) à travers la sensibilisation aux valeurs des droits de l'enfant

De les motiver pour lutter contre le travail des enfants en les informant des ses méfaits et de son impact sur les enfants.

En ce qui concerne l'environnement scolaire, il s'agit de :

améliorer la vie scolaire et parascolaire des élèves à travers l'amélioration de l'environnement physique de l'école, de son équipement  et l'animation culturelle, sportive et artistique de la vie en son sein.

L'action sur l'école doit aussi lui faire acquérir la capacité de prévenir les situations de rupture qui conduisent les jeunes élèves à abandonner leur scolarité et de mieux gérer ces situation lorsqu'elles sont inéluctables de façon à ce qu'elles ne conduisent pas les enfants en dehors du système scolaire où le risque évident de mise au travail les guète. 
Cela consiste à mette en place un système de diagnostic des problèmes, de suivi et d'évaluation de l'action pour les résoudre. Ce système d'information doit comprendre une batterie d'indicateurs, une sorte de tableau de bord pour chaque enfant en difficulté et pour chaque établissement concerné qui permette de mesurer les progrès réalisés dans la lutte contre les causes de l'abandon et les difficultés qui subsistent. Cela consiste aussi  à mettre à la disposition des enfants au sein de l'école une écoute de qualité capable à la fois d'affiner le diagnostic pour chaque enfants concerné mais aussi d'inscrire l'action de remédiation dans le cadre d'une approche de proximité plus humaine.

La famille

La famille a un rôle fondamental à jouer à côté du rôle de l'école dans la prévention du travail des enfants. En effet, réussir à résoudre les difficultés des enfants en situation de risque de quitter l'école ne peut être garanti sans un rôle actif de la famille. Or malheureusement, beaucoup d'enfants qui quittent l'école sont soit incités soit encouragés par leurs familles. Et pour que la famille joue un rôle actif dans la prévention de l'abandon scolaire et partant de la mise au travail des enfants, il faut l'informer et la sensibiliser suffisamment sur les enjeux de l'éducation scolaire et sur les enjeux du travail pour l'enfant et pour elle-même.
Mais la sensibilisation n'est pas suffisante, il faut aussi aider les familles à affronter les difficultés réelles et parfois insurmontables d'assumer les charges matérielles et financières de la scolarité de leurs enfants (fournitures scolaires, habillement…) 
L'action du projet en ce qui concerne la famille vise donc ces deux aspects : l'information/ sensibilisation et prise en charge des frais de scolarité des enfants des familles les plus nécessiteuses.

Plaidoyer/lobbying auprès des autorités concernées

Les axes développés ci-dessus dessinent les contours de ce qu'on pourrait appeler un projet pilote qui en agissant efficacement sur une situation circonscrite dans l'espace et dans le temps démontre qu'il est possible de trouver une alternative concrète au problème du départ des enfants de l'école pour intégrer le monde du travail.
Or un projet pilote n'a de valeur que s'il s'inscrit dans une dynamique durable.
C'est cette dynamique de durabilité que cherche à initier le programme en s'engageant aussi sur la voie de la mobilisation sociale, du plaidoyer et du lobbying auprès des acteurs sociaux et en particulier des autorités de l'éducation nationale afin qu'elles mettent en place les conditions qui permettent de rendre la lutte contre le travail des enfants par l'école une priorité dans la politique éducative, afin de mettre en place les moyens pour rendre le slogan "tous les enfants de moins de 15 ans à l'école" non plus un slogan mais un objectif en voie de réalisation effective.
Le programme prendra appui sur les résultats concrets qu'il atteindra pour organiser des campagnes de sensibilisation et de lobbying et des campagnes de mobilisation sociale aussi bien au niveau national qu'au niveau local. 

Renforcement des capacités des intervenants

La lutte contre un problème aussi complexe que le travail des enfants requiert beaucoup de motivation, beaucoup de volontarisme mais ne peut être efficace que si elle est dotée d'une bonne dose de professionnalisme. Diagnostiquer les problèmes aux échelles diverses où ils se présentent, planifier l'action pour leur répondre, exécuter l'action planifiée, faire le suivi et l'évaluation de cette exécution de manière à identifier de nouveaux créneaux pour agir sont quelques unes des tâches dont doivent s'acquitter avec un minimum de professionnalisme les acteurs de la lutte contre le travail des enfants.
En procurant aux différents acteurs qui y interviennent ces compétences, le programme vise à garantir la pérennité de l'action qu'il aura lancée ou consolidé.

Une approche transversale à tous les axes du programme :   l'approche du genre

L'action du programme, à travers tous les axes , se basera fermement de manière transversale sur une approche du genre. Cela consiste en deux choses essentielles :
D'une part, confirmer et renforcer la tendance notée ci-dessus à la réduction de l'inégalité qui frappe les filles par rapport aux garçons face à l'école jusqu'à son élimination et améliorer la condition de la petite fille scolarisée;
D'autre part, impliquer le maximum de femmes dans l'exécution du programme.

L'apport spécifique du programme pour la petite fille

Etant donné que sur la plan quantitatif, le nombre de filles scolarisées aujourd'hui dans le primaire avoisine sinon égalise celui des garçons, l'apport principal du programme en faveur de la petite fille sera de confirmer cette tendance en lui donnant la dimension qualitative à même d'en garantir la durabilité. Cela consiste concrètement à améliorer  la vie scolaire des filles en particulier en leur donnant accès aux activités de loisirs auxquelles leur accès est aujourd'hui limité et à doter les écoles des infrastructures et équipements nécessaires pour répondre aux besoins spécifiques des filles. Ce qui requiert une action de sensibilisation des parents.

La participation de la femme enseignante au programme

Parmi les acteurs qui mèneront ce Programme, la femme est appelée à jouer un rôle éminent autant dans son exécution que dans sa direction. 
Cette participation se décline sous deux formes :
            -Une implication du département de la femme du SNE (qui se dotera d'une structure locale) dans l'exécution du projet
-L'implication d'une proportion conséquente de femmes dans les activités de formation et de sensibilisation desquelles vont bénéficier le enseignants.

Zones d'intervention

Le programme a pour champ d'application la ville de Fès dans son ensemble. Cinq écoles ont été choisies dans les trois délégations du Ministère de l'Education nationale que regroupe la ville. Cependant, le projet sera focalisé de manière privilégiée sur les zones de Fès Médina et surtout de Zouagha My yacoub, les deux zones qui regroupent la plus grande partie de la population pauvre qu'abrite la ville et où par conséquence le travail des enfants est le plus fréquent.  
Mais étant donné que le problème, comme nous l'avons souligné ci-dessus, ne concerne pas uniquement l'école ou la famille mais l'ensemble de la société et ses acteurs clés, plusieurs aspects du programme se situent à ce niveau, au niveau de l'ensemble de la société. C'est le cas de l'action dans les deux derniers axes : l'axe renforcement des capacités des intervenants et l'axe lobbying mobilisation sociale.
Voici une présentation succincte des zones ciblées par le projet :

La délégation de Zouagha My Yakoub

C'est la zone où sévit le plus la non scolarisation et la déscolarisation et où sévit par conséquence le travail des enfants dans des conditions souvent dramatiques. C'est dans cette zone que se concentrent les ateliers des deux métiers artisanaux qui emploient le plus de main d'œuvre enfantine, la fabrication de tapis et la fabrication de chaussures. Les enfants employés dans ces deux secteurs se comptent par milliers et les conditions de travail ont un effet dévastateur sur leur santé physique et psychologique. Les heures de travail dépassent souvent 10 heures par jour et 60 heures par semaine. Quant aux salaires, ils peuvent, sans exagération, être qualifiés de dérisoires, surtout dans le secteur du tapis.
Les familles vivant souvent dans des conditions de survie, au lieu de chercher d'autres solutions, sombrent plus dans la pauvreté en sortant leurs enfants de l'école pour les mettre au travail. Car si cela leur procure de petits revenus supplémentaires qui leur permettent de répondre à des besoins urgents, en privant leurs enfants d'éducation et de conditions physiques et psychologiques d'un développement sain, ils les enferment inéluctablement avec eux dans le cercle vicieux de la pauvreté. 

La délégation de Fès Médina

La médina, cet espace historique prestigieux est devenu depuis quelques années un espace de la pauvreté. La pauvreté y atteint des niveaux alarmants et touche un taux de la population qui dépasse de  loin la moyenne nationale. Quant à la déscolarisation et au travail des enfants, ils y constituent des phénomènes marquants. Il suffit de rappeler que la plupart des métiers artisanaux sont encore localisés au sein de la médina intra muros et que plusieurs des métiers qui l'ont quittée tels que la poterie ou la fabrication du zellige se sont déplacés dans des quartiers voisins qui font partie de la préfecture de Fès médina. Il faut signaler aussi que c'est sur l'espace de la préfecture de Fès médina que se trouve le quartier de Sehb Lward qui a une réputation nationale de quartier pourvoyeur de petites bonnes. 

La délégation de Fès Jdid Dar Dbibegh

Du fait du niveau de vie de la population qui y habite, composée en majorité de couches moyennes et supérieures, la préfecture de Fès Jdid Dar Dbibegh souffre moins que les deux précédentes du phénomène du travail des enfants. Cependant, elle n'en est pas exempte. Les poches de pauvreté qui s'y situent, les nombreux bidonvilles (Douar Laskar, Douar Lhajja, la kasba,) et les quartiers restructurés comme Aouinat Lhajjaj et Douar Listiklal sont des contextes où sévissent encore la déscolarisation et le travail des enfants.

Sites d'intervention

L'intervention du programme se fera dans les cinq écoles suivantes :

  • Ecole du 18 novembre au quartier Dhar Lakhmiss à Zouagha
  • Ecole Imam Ghazali 1, Bab Siffer, Zouagha
  • Ecole Al Qods à Fès Médina
  • Ecole Hay Chouhada, Fès Médina
  • Ecole Aouinate Lhajjaj 1, Fès Jdid Dar Dbibegh.

Ces cinq écoles sont situées dans des contextes pauvres où il y a une situation négativement exemplaire de risque de déscolarisation des enfants.

Les activités de formation 
Le programme comprend deux types d'activités de formation :
-des activités de formation dans le cadre de l'axe d'intervention école qui consistent à donner aux enseignants impliqués dans le programme les compétences pédagogiques et didactiques à même de leur permettre de traiter efficacement les difficultés qui font obstacle à la réussite de leurs élèves.des activités de formation dans le cadre de l'axe renforcement des capacités des intervenants  qui consistent à communiquer aux acteurs aussi bien syndicaux qu'associatifs du Programme la capacité de concevoir, de planifier, d'exécuter et d'évaluer efficacement des projets dans le domaine de la lutte contre le travail des enfants par l'école. Cette capacité acquise sera la garantie principale de la pérennité du programme et de son impact ainsi que de sa réplication dans d'autres contextes.

Les activités d'information et de sensibilisation
Le programme comporte aussi des activités d'information et de sensibilisation en direction des acteurs institutionnels du projet (SNE et ses partenaires associatifs) et en direction des trois populations principales concernées par le projet : les enseignants, les élèves et les familles.
Ces activités portent sur trois thèmes principaux :

Les droits de l'enfant tels que consignés dans les convention internationales, notamment la  Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant mais  aussi les conventions du BIT relatives au travail de l'enfant (138 et 182).

L'intérêt et les enjeux de l'éducation pour l'avenir de l'enfant

Les risques que comporte le travail à un âge précoce pour l'enfant